Virginie ROZIÈRE // Eurodéputée

Virginie Rozière, est députée européenne et co-présidente du parti les Radicaux de Gauche. Venue à la politique par l’Europe, un engagement pour construire un avenir commun et solidaire pour les européens. Depuis le début de son mandat elle s’engage notamment pour la protection des lanceurs d’alerte, la justice fiscale, les recours collectifs pour les consommateurs le renforcement de la démocratie européenne.

“À quelques jours du vote final au Parlement européen de la directive pour protection des lanceurs d’alerte, il me semblait crucial de revenir sur un des plus grands scandales français, mais aussi européen, en matière de santé publique : le scandale du Médiator.
L’exposition s’appuie sur le travail de Marc Dantan, un photographe qui a parcouru la France à la rencontre des victimes du Mediator. Ses photographies donnent à voir la réalité des souffrances, des vies balafrées. Elles mettent des visages sur cette réalité. 
Malgré l’opposition de la France entrainant d’autres États membres lors des négociations, le Conseil et le Parlement européen ont obtenu un accord sur un texte équilibré. La directive qui sera soumise aux votes la semaine suivant l’exposition, permettant notamment aux lanceurs d’alerte d’utiliser différents canaux de signalement.
Ces témoignages photographiques sont essentiels, pour comprendre pourquoi protéger les lanceurs d’alerte c’est aussi protéger les victimes.
Nous nous devons de reconnaître l’action de celles et ceux qui prennent des risques pour l’intérêt général et de facto la démocratie. 
Je vous donne rendez-vous à ma permanence parlementaire le 11 avril 2019, pour inaugurer ensemble cette exposition.”

Photo : Margot L'Hermite

Virginie ROZIÈRE // Eurodéputée

Virginie Rozière, est députée européenne et co-présidente du parti les Radicaux de Gauche. Venue à la politique par l’Europe, un engagement pour construire un avenir commun et solidaire pour les européens. Depuis le début de son mandat elle s’engage notamment pour la protection des lanceurs d’alerte, la justice fiscale, les recours collectifs pour les consommateurs le renforcement de la démocratie européenne.

“À quelques jours du vote final au Parlement européen de la directive pour protection des lanceurs d’alerte, il me semblait crucial de revenir sur un des plus grands scandales français, mais aussi européen, en matière de santé publique : le scandale du Médiator.
L’exposition s’appuie sur le travail de Marc Dantan, un photographe qui a parcouru la France à la rencontre des victimes du Mediator. Ses photographies donnent à voir la réalité des souffrances, des vies balafrées. Elles mettent des visages sur cette réalité. 
Malgré l’opposition de la France entrainant d’autres États membres lors des négociations, le Conseil et le Parlement européen ont obtenu un accord sur un texte équilibré. La directive qui sera soumise aux votes la semaine suivant l’exposition, permettant notamment aux lanceurs d’alerte d’utiliser différents canaux de signalement.
Ces témoignages photographiques sont essentiels, pour comprendre pourquoi protéger les lanceurs d’alerte c’est aussi protéger les victimes.
Nous nous devons de reconnaître l’action de celles et ceux qui prennent des risques pour l’intérêt général et de facto la démocratie. 
Je vous donne rendez-vous à ma permanence parlementaire le 11 avril 2019, pour inaugurer ensemble cette exposition.”

Photo : Margot L'Hermite

Irène FRACHON // MÉDECIN

« J’arrête, j’ai compris. Je fixe longtemps la nuit devant ma fenêtre, des gens se noient devant moi, personne ne les voit, sauf moi. Crier maintenant ne sert à rien. Et cela fait trente ans…. »

« Mediator 150 mg, combien de morts ? » Editions-dialogues.

Un soir de février 2009, examinant des dossiers médicaux de patients ayant été opérés à coeur ouvert à Brest pour de graves atteintes de leurs valves cardiaques, j’ai acquis la certitude que leur maladie et leurs souffrances étaient la conséquence d’un empoisonnement par le Mediator. J’avais déjà compris qu’il s’agissait d’un coupe-faim dérivé de l’amphétamine et vendu de façon trompeuse par le laboratoire Servier comme antidiabétique.
Et là, je découvrais, raconté en filigrane dans les courriers médicaux, des récits de descente aux enfers chez des personnes traitées de façon banale, quasi-anodine, par ce soi-disant médicament « adjuvant », le Mediator.
Récits d’étouffements subits, d’oedèmes pulmonaires, d’épuisement progressif en quelques mois ou quelques années, et parfois nécessité d’une chirurgie mutilante consistant à amputer le cœur de ses valves en les remplaçant par des prothèses palliatives. La vie qui s’échappe tandis que le cœur se met à fuir…
Près de dix ans se sont écoulés depuis cette révélation. Des milliers de victimes ont été recensées en France et parmi elles des centaines d’opérées cardiaques ainsi que des personnes décédées. Un grand procès pénal est annoncé pour juger des culpabilités des acteurs mis en cause, le laboratoire Servier bien entendu mais également les autorités de santé françaises.
Depuis dix ans, Servier conteste pied à pied la reconnaissance de sa responsabilité dans la survenue de ce drame et tente par tous les moyens juridiques d’échapper à l’indemnisation juste des victimes. J’accompagne l’éprouvant parcours de milliers de victimes depuis toutes ces années, j’en ai rencontré plusieurs personnellement, mais beaucoup ne sont encore que des noms sur des rapports d’expertise. Au-delà de l’histoire médicale, j’ai toujours tenté d’imaginer leur visage, leur village, leur vie brisée.
Marc Dantan, avec sa grande sensibilité d’artiste, m’a proposé d’effectuer cet étrange tour de France qui consiste à parcourir ce que nous avons appelé « la France du Mediator ». Le résultat est bouleversant et je ressens une profonde reconnaissance vis-à-vis de ces victimes, opérées ou proches de disparus et qui ont accepté de montrer leur visage et leur blessure, encore à vif, pour témoigner de leur existence et de leur dignité trop longtemps bafouée.
Avec elles, nous attendons la justice.

Irène FRACHON // MÉDECIN

« J’arrête, j’ai compris. Je fixe longtemps la nuit devant ma fenêtre, des gens se noient devant moi, personne ne les voit, sauf moi. Crier maintenant ne sert à rien. Et cela fait trente ans…. »

« Mediator 150 mg, combien de morts ? » Editions-dialogues.

Un soir de février 2009, examinant des dossiers médicaux de patients ayant été opérés à coeur ouvert à Brest pour de graves atteintes de leurs valves cardiaques, j’ai acquis la certitude que leur maladie et leurs souffrances étaient la conséquence d’un empoisonnement par le Mediator. J’avais déjà compris qu’il s’agissait d’un coupe-faim dérivé de l’amphétamine et vendu de façon trompeuse par le laboratoire Servier comme antidiabétique.
Et là, je découvrais, raconté en filigrane dans les courriers médicaux, des récits de descente aux enfers chez des personnes traitées de façon banale, quasi-anodine, par ce soi-disant médicament « adjuvant », le Mediator.
Récits d’étouffements subits, d’oedèmes pulmonaires, d’épuisement progressif en quelques mois ou quelques années, et parfois nécessité d’une chirurgie mutilante consistant à amputer le cœur de ses valves en les remplaçant par des prothèses palliatives. La vie qui s’échappe tandis que le cœur se met à fuir…
Près de dix ans se sont écoulés depuis cette révélation. Des milliers de victimes ont été recensées en France et parmi elles des centaines d’opérées cardiaques ainsi que des personnes décédées. Un grand procès pénal est annoncé pour juger des culpabilités des acteurs mis en cause, le laboratoire Servier bien entendu mais également les autorités de santé françaises.
Depuis dix ans, Servier conteste pied à pied la reconnaissance de sa responsabilité dans la survenue de ce drame et tente par tous les moyens juridiques d’échapper à l’indemnisation juste des victimes. J’accompagne l’éprouvant parcours de milliers de victimes depuis toutes ces années, j’en ai rencontré plusieurs personnellement, mais beaucoup ne sont encore que des noms sur des rapports d’expertise. Au-delà de l’histoire médicale, j’ai toujours tenté d’imaginer leur visage, leur village, leur vie brisée.
Marc Dantan, avec sa grande sensibilité d’artiste, m’a proposé d’effectuer cet étrange tour de France qui consiste à parcourir ce que nous avons appelé « la France du Mediator ». Le résultat est bouleversant et je ressens une profonde reconnaissance vis-à-vis de ces victimes, opérées ou proches de disparus et qui ont accepté de montrer leur visage et leur blessure, encore à vif, pour témoigner de leur existence et de leur dignité trop longtemps bafouée.
Avec elles, nous attendons la justice.

Marc DANTAN // PHOTOGRAPHE

C’est en voyant le film d’Emmanuelle Bercot La Fille de Brest que j’ai décidé de contacter Irène Frachon, la médecin lanceuse d’alerte du scandale du Mediator pour lui proposer de réaliser cinquante portraits de victimes dans toute la France. J’ai ressenti la nécessité de mettre des visages sur des chiffres et des statistiques afin de regarder en face les terribles souffrances infligées par ce poison, le Mediator.
Après son accord et avec son soutien, j’ai lancé une collecte participative pour financer mes déplacements et la conception du site internet. Nous avons pu ensuite établir une liste de victimes à photographier réparties dans tout le pays. Nous avons été frappés devant notre carte de France préparatoire de réaliser que ce poison avait abîmé des personnes, surtout des femmes, toute une génération de femmes, vivant surtout dans de petites villes et villages de France, dans le Midi beaucoup, dans le Nord aussi.
J’ai pris la route et j’ai rencontré toutes ces personnes. J’ai découvert tous les effets du Mediator et les contraintes du quotidien après l’éprouvante opération du coeur : fatigue, essoufflement, prise de médicaments, suivi médical, etc…J’ai vu beaucoup de personnes assignées à résidence, seules et parfois très démunies. J’ai entendu de nombreuses femmes désespérées ne sachant plus comment vivre… Je n’imaginais pas ces récits de vies démolies, rongées par la souffrance et l’angoisse, je n’imaginais pas tant de cynisme procédurier, je n’imaginais pas tant d’injustice dans un pays tel que le notre !
J’ai ainsi pris conscience de l’ampleur du désastre tout au long de mon périple. Merci à ces femmes et à ces hommes de m’avoir reçu et de leur témoignage, merci à Irène Frachon de son précieux soutien, merci aux donateurs du projet et merci à Virginie Rozière pour l’organisation de cette exposition.

Marc DANTAN // PHOTOGRAPHE

C’est en voyant le film d’Emmanuelle Bercot La Fille de Brest que j’ai décidé de contacter Irène Frachon, la médecin lanceuse d’alerte du scandale du Mediator pour lui proposer de réaliser cinquante portraits de victimes dans toute la France. J’ai ressenti la nécessité de mettre des visages sur des chiffres et des statistiques afin de regarder en face les terribles souffrances infligées par ce poison, le Mediator.
Après son accord et avec son soutien, j’ai lancé une collecte participative pour financer mes déplacements et la conception du site internet. Nous avons pu ensuite établir une liste de victimes à photographier réparties dans tout le pays. Nous avons été frappés devant notre carte de France préparatoire de réaliser que ce poison avait abîmé des personnes, surtout des femmes, toute une génération de femmes, vivant surtout dans de petites villes et villages de France, dans le Midi beaucoup, dans le Nord aussi.
J’ai pris la route et j’ai rencontré toutes ces personnes. J’ai découvert tous les effets du Mediator et les contraintes du quotidien après l’éprouvante opération du coeur : fatigue, essoufflement, prise de médicaments, suivi médical, etc…J’ai vu beaucoup de personnes assignées à résidence, seules et parfois très démunies. J’ai entendu de nombreuses femmes désespérées ne sachant plus comment vivre… Je n’imaginais pas ces récits de vies démolies, rongées par la souffrance et l’angoisse, je n’imaginais pas tant de cynisme procédurier, je n’imaginais pas tant d’injustice dans un pays tel que le notre !
J’ai ainsi pris conscience de l’ampleur du désastre tout au long de mon périple. Merci à ces femmes et à ces hommes de m’avoir reçu et de leur témoignage, merci à Irène Frachon de son précieux soutien, merci aux donateurs du projet et merci à Virginie Rozière pour l’organisation de cette exposition.